Notre corps a des capacités extraordinaires et une intelligence innée. Nous l’oublions parfois et cherchons désespérément à l’externe ce que nous possédons déjà intrinsèquement. Nous avons été programmés à penser que ce que les humains ont développé plus récemment (produits chimiques créés en laboratoires, opérations, etc.) est de loin plus performant que nos propres facultés d’autoguérison. Et si cela n’était pas tout à fait la vérité?
Comprenez-moi bien, si j’ai un accident d’auto avec fracture ouverte, je serais très heureuse d’avoir recours à ces techniques modernes. Mais au-delà des interventions d’urgences, sommes-nous capables de comprendre nos propres dispositions à retourner à notre état d’équilibre?
Aussi, vous êtes-vous déjà posé la question pourquoi certaines personnes semblent se régénérer facilement et rapidement, alors que d’autres n’y arrivent pas? Quel est leur secret? Y’aurait-il des facteurs que nous pourrions apprendre à utiliser à notre avantage?
Il est certain que je suis loin d’avoir toutes les réponses (et oui, désolée, ce n’est pas dans cet article que je vais vous révéler le grand secret de la vie!), mais j’aimerais explorer avec vous une piste importante : celle du système nerveux.
Le compteur de vitesse
Imaginez un compteur de vitesse, comme dans une automobile, avec ces deux mots écrits aux extrémités : système sympathique et système parasympathique. Le premier serait affiché du côté droit, là où les chiffres pour la vitesse de déplacement sont plus élevés. Ainsi, lorsque vous roulez métaphoriquement à 200 km/h dans votre journée, vous êtes à fond dans le mode dit sympathique. Votre niveau de stress et de vigilance est élevé. Vos muscles sont tendus et votre respiration est superficielle. Votre attention est tournée uniquement vers l’extérieur. Vous tentez de survivre aux situations et à votre environnement.

À l’autre extrémité, du côté gauche, nous allons placer le système parasympathique, celui que vous contactez lorsque vous êtes pleinement détendus. Il est possible de descendre très profondément dans ces états lorsque nous sommes en méditation par exemple ou encore pendant le sommeil. Nous pouvons alors observer plusieurs changements dans notre corps: nos muscles se relâchent, notre rythme cardiaque ralentit, notre respiration s’approfondit, notre mental s’apaise, et enfin l’énergie et l’attention reviennent à l’intérieur.
Maintenant, dans la réalité, tout n’est pas toujours noir ou blanc. Nous naviguons en fait constamment entre ces deux états, à différents degrés. Je vous invite donc à imaginer une aiguille qui oscillerait tout au long de votre journée, selon les moments et les divers besoins.
Soyons clairs : nous avons besoin des deux états. Certaines situations vous demandent effectivement d’être en plein état de vigilance et mobiliseront toutes vos ressources afin d’éviter la catastrophe. Mais un des problèmes de notre monde moderne est que notre système nerveux est souvent surstimulé et utilise le mode sympathique de façon excessive, tant dans l’intensité que dans la durée. En gros, les situations de vie ou de mort sont plutôt rares dans les faits, mais notre mental nous fait souvent croire le contraire. Et pour notre système nerveux, il n’y a pas de différence entre ce que la psyché crée et la réalité. En d’autres mots, vous n’avez pas besoin de faire face à un tigre affamé pour que votre corps en vive les effets si votre façon de percevoir la situation prend un angle dramatique.
Pire, notre société valorise cet état d’hypervigilance, nous amenant à admirer ces gens qui sont incapables de tenir en place et de se reposer. « Wow, quelle personne efficace et dynamique! Elle dort si peu, travaille sans arrêt et effectue des tâches sans cesse! ». Cependant, il est peut-être temps de se demander quelles sont les conséquences d’avoir en tout temps la pédale au plancher…
Une puissante clé
Mais qu’est-ce cette métaphore du compteur de vitesse a à voir avec nos capacités naturelles de guérison? Et bien, cela est très simple : nous nous régénérons principalement lorsque notre système nerveux entre en mode parasympathique. Plus nous allons profondément dans cet état, plus nos ressources sont ramenées vers le corps lui-même et ses besoins. D’un point de vue biomécanique, nous pouvons décortiquer le phénomène assez facilement en pensant à plusieurs systèmes. Tout d’abord, les muscles relâchés permettent une meilleure circulation sanguine et énergétique, mais aussi une meilleure oxygénation du sang, grâce à l’amplification de la respiration. Tous les organes et les structures du corps en bénéficient donc de façon quasi instantanée. Les organes de la digestion peuvent alors recevoir tout ce qu’ils ont besoin pour produire du bon sang, ce qui, à plus long terme, aide également notre corps à se réparer.

Toutefois, un autre phénomène m’intéresse encore plus : celui de la conscience. Cette mystérieuse présence qui peut nous aider à libérer de vieux schémas emmagasinés dans nos cellules. Peut-être certains d’entre vous ont déjà vécu ce genre de situation pendant un soin, une méditation ou une relaxation. Alors que vous êtes présents en vous-mêmes, dans un état de détente et d’ouverture, une information monte vers vous et devient accessible. Vous comprenez alors que vous êtes prêts à laisser aller une dynamique dans laquelle vous étiez pris. À ce moment même, vous ressentez un changement dans votre corps, plus précisément dans une zone qui était jusque-là problématique. Bingo!
Cette présence, vous l’avez déjà en vous, que vous en soyez conscients ou non. Pourtant, elle a besoin de certaines conditions pour s’exprimer. Ce n’est pas pendant une grosse journée au bureau, alors que Gérard, votre patron, vous met la pression parce que le projet de pub sur lequel vous travaillez est en retard, que vous allez soudainement accéder à des états de guérison. Bien sûr que non. Il faut savoir mettre la table. Et cela s’apprend ou plutôt devrais-je dire se réapprend, parce que ces facultés sont arrivées avec chacun d’entre nous sur cette terre, dans cette incarnation. Mais il faut d’abord avoir envie d’y accéder. Si nous considérons que relaxer est une perte de temps ou encore qu’il est dangereux en ce monde de baisser sa garde, et bien, sans grande surprise, le corps éprouvera des difficultés à s’autoréguler.
De plus, une personne qui exerce souvent ses capacités à revenir en mode parasympathique aura également plus facilement accès à un sommeil réparateur, où le système nerveux peut complètement se relâcher et nous permettre encore une fois de nous régénérer pleinement. C’est une question d’entrainement.
La déprogrammation
Je vais vous accorder qu’il n’est pas toujours facile de ne rien faire et de retourner à l’intérieur. Nous pouvons avoir facilement diverses émotions qui nous bloquent la route : culpabilité, stress de ne pas arriver à terminer nos tâches, ennui, ou tout simplement un genre d’anxiété à aller rencontrer ce qui se trouve en nous. Premièrement, j’aimerais que nous nous rappelions que nous ne sommes peut-être pas aussi efficaces que nous le pensons lorsque nous sommes envahis par le stress. Notre pensée n’est pas aussi claire et nos actions sont moins précises. Combien de fois me suis-je surprise à perdre du temps en faisant des erreurs alors que je voulais aller trop vite et que j’étais décentrée. Dans cette optique, j’aimerais vous amener à considérer que vous avez peut-être du temps pour prendre une pause.
Ensuite, il s’agit de développer nos outils. C’est là que recevoir de l’aide peut être bénéfique : apprendre à faire du Qigong, du yoga, de la méditation ou de la relaxation peut être un des plus grands cadeaux que vous vous faites à vous-même. Un présent dont les bénéfices rejailliront partout autour de vous.
Mais comment choisir alors que les offres pullulent? Prenez le temps d’analyser vos besoins et ce qui vous convient. Est-ce que cela va pouvoir s’intégrer facilement dans votre vie? Est-ce que la façon d’enseigner du professeur vous parle? Si vous n’arrivez pas à rester en place deux secondes, probablement que des techniques de méditation zen ne vous conviendront pas au premier abord et des méthodes qui incluent le mouvement serait plus appropriées. Si vous n’avez que peu de temps, peut-être qu’un cours en ligne serait mieux pour vous, tout en tenant compte que le présentiel augmente souvent la motivation.
Mes petites préférées
Malgré tous nos efforts, nous pouvons parfois ressentir le besoin d’avoir un peu de soutien de la part des plantes pour aider à retrouver le calme dans des moments un peu plus chaotiques. Voici quelques-unes de mes préférées:
La mélisse : mon grand classique! Je sais que je vous en parle souvent, toutefois elle est à la fois douce et efficace pour toute la famille. En plus d’apaiser un mental hyperactif, elle calmera l’ensemble du système digestif et relâchera le diaphragme. Une alliée du quotidien! Les teintures fonctionnent bien et sont faciles à trouver dans les magasins d’aliments naturels, mais si vous en plantez dans votre jardin, vous découvrirez rapidement que de mettre quelques feuilles de mélisse fraîche dans votre eau chaude juste avant le dodo peut faire de petits miracles.
L’aubépine : je pense à l’aubépine quand la nervosité semble affecter le cœur : anxiété, palpitations, mains moites, insomnies. À prendre en teinture ou en tisane.
La bourrache : la teinture sera d’une aide précieuse pour une personne qui ressent une tension nerveuse de façon chronique.
La bardane : cette teinture peut aider une personne qui a une constitution maigre et sèche, dont le système nerveux est devenu fébrile à cause d’un manque de gras.
La laitue sauvage (Lactuca scariola) : un peu plus difficile à trouver que les autres plantes nommées ici, mais elle est très efficace pour « calmer le pompon » d’un adulte stressé! La compagnie La Maria fait une bonne teinture.

Investir en soi
En terminant, rappelez-vous que recevoir des soins avec un thérapeute capable de vous guider vers ces états d’ouverture, de relâchement et de lâcher-prise peut être un autre excellent moyen de cultiver vos capacités. Avec un accompagnement adéquat, cette personne peut même vous aider à aller plus loin dans votre démarche de guérison. Bien sûr, les soins représentent souvent un peu plus d’investissement au niveau financier, mais n’est-il pas temps d’investir en vous?
Aussi, une fois que votre système nerveux sera plus entrainé à entrer en mode parasympathique, il sera beaucoup plus facile d’y parvenir par vous-même. Cela ne veut pas dire que vous n’aurez plus jamais besoin d’aide externe dans des moments charnières, mais assurément, vous aurez développé plus d’autonomie afin d’accéder à vos aptitudes innées à retrouver l’équilibre. Bonne détente!











