21 juin 2024
Dans cet article, je vous amène à découvrir des choses peu connues en lien avec un projet de recherche peu banal ayant été mené par l’armée de l’air américaine. Le projet Blue Book devait en effet analyser et rendre des conclusions au public sur des cas d’observations d’ovnis et d’extraterrestres. Il s’agissait, supposément, d’un projet d’étude non classifié complètement transparent. Blue Book débuta le 12 avril 1952 pour se terminer à la fin de l’année 1969.
À noter que Blue Book fut précédé par un début d’étude peu structurée en 1946 après que quelques cas étranges eurent attiré l’attention de l’armée. Le projet Sign apparu ensuite pour couvrir la majeure partie de l’année 1948. Puis, il fut remplacé par le projet Grudge en février 1949. Ensuite vin le projet Blue Book en 1952.
Pour nous situer dans le temps, rappelons qu’après les premiers cas de Foo Fighters (sortes de petits ovnis sphériques lumineux observés par quelques pilotes de guerre durant la Deuxième Guerre Mondiale qui s’est terminée le 2 septembre 1945), il y a eu la populaire observation par le pilote civil Kenneth Arnold de 9 ovnis le 24 juin 1947. Le 8 juillet 1947, c’était au tour de Walter Haut, porte-parole de la Roswell Army Air Field de publié un communiqué de presse indiquant que l’armée avait récupéré un « disque volant » près de Roswell.
Un semblant de crédibilité
Pour donner une crédibilité scientifique au projet Blue Book et permettre à un non militaire de s’adresser directement au public de façon convaincante, l’armée offrit un contrat à l’astronome et professeur américain, Josef Allen Hynek. Initialement, ce dernier ne croyait absolument pas à la présence extraterrestre sur terre et cela faisait bien l’affaire des responsables. L’armée de l’air américaine l’envoyait à travers les États-Unis pour enquêter certains cas judicieusement sélectionnés par elle et en le contrôlant tant que possible pour le faire démystifier publiquement les témoignages et donner des explications logiques excluant la présence extraterrestre et/ou la présence de technologies exotiques. Les bureaux du projet Blue Book étaient localisés sur la Wright-Patterson Air Force Base dans la ville de Dayton en Ohio où Hynek avait le droit de se rendre.

Il est intéressant de savoir que Hynek est responsable du code de classification des types de rencontres qui est encore utilisé de nos jours et rendu célèbre en ayant été directement utilisé comme titre du film Rencontres du troisième type (Close Encounters of the Third Kind) réalisé par Steven Spielberg et sorti en 1977. La classification de Hynek comporte six degrés allant du banal à l’exceptionnel, et le degré RR3 (Rencontre Rapprochée du 3e Type) correspond au fait de voir un ovni et ses occupants ou bien uniquement les occupants de l’ovni.

Durant les années que dura Blue Book, l’armée enquêta sur certains cas en laissant Hynek en arrière-plan et en l’écartant même de certaines enquêtes.
Pour s’instruire sur des recherches faites sur des documents déclassifiés, John Greenwald Jr., fondateur du plus large site de documents américains obtenus par la loi de l’accès à l’infirmation, The Black Vault, est un incontournable. Selon lui, lorsque les cas d’ovnis/extraterrestres entraînaient des enjeux de sécurité importants, ils étaient carrément retirés du mandat de Blue Book pour être confiés à une branche de l’armée travaillant de façon totalement secrète. Il mentionne qu’à ce jour, aucun document de cette branche secrète n’a encore pu être déclassifié.
La mort d’un pilote d’avion de chasse
Après avoir voulu entamer un début d’enquête, Hynek fut écarté du cas concernant l’écrasement de l’avion de chasse et de la mort du pilote parti à la rencontre d’un énorme ovni.
Le 7 janvier 1948, l’objet est repéré par des civils dans le ciel du Kentucky. Alerté, le personnel de la base aérienne de Godman note effectivement la présence d’un ovni. Le capitaine Thomas F. Mantell est envoyé à sa poursuite pour l’intercepter, mais il ne parvient pas à le rattraper. Après avoir signalé à la radio que « l’objet semble de grande dimension et métallique », la communication se coupe et l’épave de son avion est retrouvée 145 km plus loin. Différentes commissions d’enquête affirment ensuite que le pilote a confondu l’ovni avec Vénus ou qu’il a poursuivi un ballon stratosphérique… Des conclusions risibles!
Les rapports disponibles
Plusieurs documents en lien avec le projet Blue Book ont été mis en ligne avec les années, dont plusieurs se retrouvent sur le site National Archive Catalog. Cependant, certaines informations sont masquées en noir. Et la qualité des photos en noir et blanc est totalement ridicule! Comme s’il s’agissait littéralement de la vingtième copie d’une copie d’une copie… Rien d’intéressant à analyser pour un enquêteur sur les ovnis. C’est donc juste des histoires d’ovnis/extraterrestres avec des dessins et/ou des photos de très mauvaise qualité. Rien pour s’exciter.
Découverte inattendue
John Greenwald Jr. a réussi à mettre la main sur un nombre incroyablement élevé de documents officiels du projet Blue Book qui ne se retrouvaient nulle part. En effet, le 25 février 2018, il expliquait à Coast To Coast AM qu’il a pu, par l’intermédiaire de Rob Mercer, un ufologue, mettre la main sur des boîtes de documents du projet Blue Book qui n’avaient encore jamais été révélés. Des documents qui devaient être jetés aux ordures ou brûlés, mais qui avaient été préservés par le lieutenant Carmon Marano.
L’histoire est vraiment incroyable et a débuté lorsque Mercer tomba sur une annonce qu’une boîte de documents du projet Blue Book était à vendre pour 100$ sur Craigslist. Mercer contacta le vendeur qui avait trouvé cette boîte à travers des cordes de bois qu’il avait acheté chez un particulier. Et ce particulier n’était nul autre que le lieutenant Carmon Marano du projet Blue Book! Mercer alla ensuite rencontrer Marano qui lui offrit encore plus de matériel qu’il avait gardé à d’autres endroits chez lui. Cela incluait des livres sur les ovnis, des livres sur des phénomènes atmosphériques et célestes, des cartables avec des rapports et des communications, des bobines de film et des centaines de photos avec parfois les négatifs. Cependant, en discutant avec Marano sur son expérience au sein du projet Blue Book, Mercer ne put obtenir aucune révélation spectaculaire, le lieutenant n’ayant que des histoires assez banales à raconter. Il ne donnait malheureusement pas l’impression d’avoir été dans le secret des Dieux.

De ces photos venant de Marano, plusieurs avaient déjà été vues dans des rapports rendus publics, mais comme je l’ai mentionné, la qualité des photos dans ces rapports était de loin inférieure à celle des photos originales. Ces documents rescapés sont possiblement uniques, car en fouillant ici et là, Greenwald et Mercer n’ont pas réussi à retracer ces documents sur internet. Et ils ne sont pas sur le site National Archive Catalog. À noter que toute cette documentation et ces photos ont été mises en ligne sur The Black Vault.
Cependant, après avoir analysé tout ce matériel, Greenwald avoue ne pas avoir trouvé le « smoking gun » (preuve irréfutable/extraordinaire) que les ufologues recherchent tant. Il réalise même encore plus à quel point Blue Book avait comme mission de banaliser et de limiter tout engouement pour le phénomène…
Hynek devient croyant
Après avoir trouvé des explications « logiques » à plusieurs cas, ne satisfaisant presque jamais les témoins eux-mêmes, Hynek est fier de penser avoir résolu la majorité des cas.
En mars 1966, 40 personnes, dont 12 policiers, voient un groupe d’ovnis se poser dans des marécages près d’Ann Arbor, dans le Michigan. Hynek ne peut trouver aucune explication, mais sous la pression des officiers de Blue Book, il tente sa chance et essaie d’expliquer à la presse que les témoins auraient vu « une émission de gaz des marais prenant feu de façon spontané ». Il regrettera longtemps d’avoir fait cette affirmation dont les ufologues rient encore aujourd’hui.
Cependant, certains cas qu’il enquête finissent avec la mention « non identifié ». Un verdict que les membres de Blue Book expliquent comme étant la plupart du temps à cause d’un manque d’informations. Sinon, l’objet aurait probablement été expliqué comme étant la planète Vénus, un satellite, une météorite ou des gaz des marais!
Le cas de la région de Socorro, au Nouveau-Mexique basé sur l’observation de l’agent de police Lonnie Zamora, est LE CAS où Hynek fut vraiment ébranlé et commença à croire au phénomène ovni/extraterrestre. Je vous invite à lire mon article Rencontre à Socorro si vous ne l’avez pas encore fait.
En 1969, Hynek est retiré de ses fonctions à la fin du projet Blue Book, et se consacre à l’étude des ovnis via des associations. Il devient également, durant les années 1960, le mentor et ami de l’ufologue français Jacques Vallée. Ils commencent alors à étudier le phénomène ovni/extraterrestre ensemble et coécrivent plusieurs livres dans les années 1960 et 1970. De plus, en 1969, Hynek sensibilise un autre scientifique français au phénomène, Claude Poher, futur fondateur et directeur du GEPAN. Le GEPAN qui rassembla des scientifiques de renom pour créer le rapport de recherche COMETA acclamé par les ufologues qui y voyait enfin un projet de recherche gouvernemental réellement transparent.
Les cachotteries
Autre le fait que Hynek s’est rendu compte lui-même que l’armée lui cachait des choses, une preuve flagrante vient de la découverte faite par Daniel Sheehan. Ce dernier est un ancien avocat américain ayant été affecté au fameux scandale des Pentagon Papers et ayant aussi été engagé dans l’affaire du Watergate. Il a témoigné avoir eu la chance de visiter la salle des archives de Blue Book en 1976 à la demande du président Jimmy Carter, au tout début du mandat de ce dernier. Notez qu’en 1969, Jimmy Carter a eu la chance de voir lui-même un ovni!

Au moment de la visite de la salle des archives de Blue Book, la salle était barrée et pratiquement personne ne pouvait la visiter. Et lorsqu’une autorisation spéciale était donnée, cela se faisait sous la surveillance d’un personnel de sécurité interdisant d’apporter tout appareil photo ou papier.
Grâce à un mandat spécial, Daniel Sheehan a donc réussi à entrer dans la salle des archives de Blue Book en y apportant en plus un petit calepin de notes. En regardant des photos sur microfilm à travers un écran lumineux agrandissant, il affirme avoir vu un vaisseau en forme de disque s’étant écrasé dans la neige et ayant fini sa course à 45° sur le bord d’une colline. Sur l’une des photos, une suite de symboles étaient bien visibles sur l’engin et il a pu en faire une copie presque parfaite en mettant une feuille de son calepin par-dessus l’écran lumineux et en les traçant avec un crayon.
Entrevue de Daniel Sheehan ayant vu des photos d’un engin écrasé.
Les résultats
De 1947 à 1969, un total de 12 618 observations ont été signalées au projet Blue Book. Parmi eux, 701 cas restent « non identifiés ».

Tableau obtenu dans un document déclassifié venant du FBI : Project Blue Book (UFO) part 1 of 1 (fbi.gov)
Les conclusions du projet Blue Book sont :
- Aucun ovni signalé, étudié et évalué par l’Air Force n’a jamais donné la moindre indication de menace pour notre sécurité nationale.
- Il n’y a eu aucune preuve soumise ou découverte par l’Air Force que les cas classés comme « non identifiés » représentent des développements ou des principes technologiques dépassant la portée des connaissances scientifiques actuelles.
- Il n’y a eu aucune preuve indiquant que les cas « non identifiés » sont des véhicules extraterrestres.
Il est intéressant de faire remarquer que dans cette période, des engins ont été vus se déplacer à des vitesses impossibles à descendre avec des canons et impossibles à rejoindre avec les avions les plus rapides. Si cela n’est pas un risque pour la sécurité, qu’est-ce qui l’est?
Le document nommé The Bolender Memo, daté du 20 octobre 1969, qui a fini par faire surface, a permis de nous faire pleinement réaliser comment la terminaison du projet Blue Book a été orchestrée et comment depuis le début, il n’a été question que d’un exercice de relation publique pour nous habituer à croire qu’il y a toujours une explication logique à ces récits à priori fantastiques.
Un des documents fournit à Rob Mercer qui avait été conservé par le lieutenant Marano montre bien comment le sujet ovni pouvait être traité violemment pour faire taire le personnel militaire lui-même. Juste pour vous donner une idée de cette violence, voici comment commence le document daté du 25 juillet 1969 faisant référence à une enquête sur deux militaires de l’armée de l’air ayant vu un ovni:
« Objet : Rapport d’OVNI ; ou : (Chapitre 2 dans la courante crédulité, dans l’imbécillité, la crédulité et/ou l’hystérie actuelles des moins de 30 ans) »
florida-1969-pbb.pdf (theblackvault.com)
Des décennies après l’arrêt du projet Blue Book, l’armée américaine a menti à répétition en affirmant que depuis l’arrêt de ce projet, aucun programme de recherche n’avait pris le relais pour étudier les cas d’ovnis. Certains documents déclassifiés et la sortie publique de plusieurs militaires nous ont montré que les recherches et les enquêtes sont toujours restées actives. Voir mon article L’accélération du dévoilement du phénomène ovni.
Récemment, c’est la sortie publique du militaire américain David Grusch qui fait les manchettes. Il affirme avoir pu confirmer que des engins et des corps ont été retrouvés et étudiés dans des projets secrets. Il a même une liste des scientifiques et des lieux où sont gardées ces preuves inestimables. Plusieurs sénateurs sont même dans une lutte pour rendre ces recherches publiques! Un futur article se prépare…
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Alexandre Terre Cosmique











